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Blockchain : l’émergence d’applications concrètes en finance

Blockchain : buzzword ou révolution ?

Publié le July 6, 2021
Temps de lecture : 3 min
Maud Tezenas du Montcel

Après un pic de célébrité atteint autour des années 2017/2018, le marché est longtemps resté dans l’attente de la révolution promise par la technologie Blockchain. Entre incompréhension du grand public et fascination des technophiles, cette innovation a connu une phase de désillusion avant que la technologie ne revienne sur le devant de la scène avec la hausse des cryptomonnaies en 2021.  Aujourd’hui, la lumière tant attendue semble venir d’acteurs parvenus à exploiter ses propriétés pour optimiser la traçabilité et garantir la confiance, en particulier dans le domaine des flux financiers.

La blockchain : une vraie révolution ? 

Alors que l’acte de naissance de la blockchain remonte à plus de douze ans, dans la foulée de la création du bitcoin, cette technologie semble toujours garder son audience dans l’expectative d’une révolution, n’ayant pas encore atteint son plein potentiel pour de nombreux observateurs. La faute, sans doute, à l’absence d’une application phare qui ferait passer la blockchain du statut de figurante à celui de vedette. Et pourtant...

Ce désamour semble particulièrement prépondérant en Europe. Alors que les grandes économies du globe s’écharpent pour prendre le leadership en matière de blockchain et d’intelligence artificielle (avec, sans surprise, les États-Unis et la Chine en chefs de file : les deux pays pèsent pour 80 % des investissements annuels), l’Union européenne a laissé passer sa fenêtre de tir et se retrouve loin derrière le peloton de tête. À tel point qu’il lui faudrait investir quelque 10 milliards d’euros par an pour espérer rester compétitive.

Mais alors, pourquoi un tel écart ? Certains semblent pourtant avoir décelé de réelles opportunités liées à cette innovation, tout particulièrement dans le domaine des transactions. Pour risquer une comparaison, la blockchain est aujourd’hui aux transactions, ce qu’internet est à la diffusion de l’information. La blockchain permet avant tout l’unicité d’un actif digital et s’illustre dans sa capacité unique à garantir l’intégrité d’une information numérique.

Pour corroborer cette intuition d’un futur prometteur, Gartner prévoyait en 2019 un premier rebond du marché blockchain dès 2021 grâce à une compréhension plus aiguë de la technologie et de ses apports. S’agissant de l’adoption massive, elle devrait pointer son nez aux abords de 2028, le temps pour les utilisateurs de librement s’approprier ses applications sans se soucier de la plateforme, des interfaces et des algorithmes de consensus.

Un avenir tout tracé : la blockchain comme tiers de confiance dans le domaine des flux financiers

C’est en effet comme tiers de confiance nouvelle génération que la blockchain pourrait rapidement s’imposer, spécifiquement dans le domaine des flux financiers, un écosystème qui se caractérise par son cadre réglementaire rigoureux. De par son ADN, intimement lié aux transactions monétaires virtuelles, cette technologie a des propriétés essentielles : la capacité à tracer les actions et à les relier entre elles, et la capacité à garantir l’intégrité de l’information. Ainsi, un outil s’appuyant sur la blockchain est en mesure de garantir la traçabilité irréfutable et de bout en bout des opérations effectuées  (qui a fait quoi, quand, où et pourquoi).

Ce sont ces propriétés qui en font un outil éminemment désirable pour les directions financières qui peinent à relier les données entre elles. Trop de silos, trop de bouts de processus exécutés dans des applications diverses. Les référentiels ne correspondent pas et on perd le fil des transactions. Ces situations sont pléthoriques dans les cas des réconciliations intercompagnies par exemple. A la clé, des enjeux d’efficacité opérationnelle, de satisfaction des collaborateurs et des risques réglementaires majeurs.

Une solution comme Trace, l’outil collaboratif de Stratumn conçu comme « la solution collaborative et sécurisée de la finance », tire pleinement parti de cette technologie pour produire une piste d’audit digitale irréfutable. À chaque étape du processus, une preuve est élaborée et inscrite dans la blockchain pour en garantir l'immutabilité quel que soit l’opérateur ou le système dont la donnée provient. Cela permet à l’entreprise d’assurer une traçabilité pointue des flux financiers, et aux utilisateurs de reprendre le contrôle de leurs opérations en collaboration dans un espace unique et sécurisé. C’est dans ce type de contexte que cette technologie révèle tout son potentiel.

Néanmoins, l’hypothèse de la blockchain comme tiers de confiance soulève son lot de questions, notamment d’ordre légal. Quid de la force probante de l’outil ? Plusieurs pays ont sauté le pas : la blockchain a valeur de preuve pour l’échange de titres financiers (en Suisse) ou la mise à jour du cadastre (Dubaï). En France, la loi Pacte a donné un cadre légal à son usage en matière de financement via les ICOs. Ces questions vont donc progressivement trouver naturellement leur réponse dans les jurisprudences nationales.

Blockchain : d’autres applications concrètes à haute valeur ajoutée

On voit d’ores et déjà arriver des applications à forte valeur ajoutée, adossées à cette technologie. Et c’est en duo, ou couplé à d’autres innovations qu’elle opère le mieux. 

Ces applications s’affranchissent volontiers des cryptomonnaies en diversifiant les usages et en faisant passer la technologie blockchain dans le monde réel. Avec une focalisation sur l’optimisation des processus, par exemple en matière de Supply Chain, de traçabilité des produits alimentaires, ou de suivi des transactions et des flux financiers. Ainsi, la blockchain rend possible la traçabilité des grands crus en faisant toute la transparence sur le parcours des bouteilles (Chai Consulting en partenariat avec Everledger), comme celle des produits agricoles (Connecting Food). Elle permet à Renault de certifier la conformité des pièces automobiles utilisées sur ses chaînes d’assemblage, et à l’État estonien de protéger les données privées de ses administrés (c’est le premier pays à employer cette technologie à l’échelle nationale). Elle sert même aux clients de Carrefour à connaître la provenance de la purée mousline en scannant un simple QR Code apposé sur le paquet !

En France, c’est tout un écosystème d’une richesse étonnante qui a éclos. Trois ans après une phase d’expansion des startups de la blockchain, Wavestone constate dans son rapport de 2020 que ces acteurs, dans leur majorité, sont parvenus à s’implanter sur le marché – plus de la moitié d’entre eux ayant déjà plus de cinq clients, principalement des sociétés du CAC 40 évoluant dans les secteurs de la banque, de l’assurance, de l’industrie et de l’énergie – avec des applications arrivées à maturité.

Cela montre que la blockchain s’affirme avant tout comme une technologie modulable et associable, en maillon d’une chaîne plus globale venant soutenir et améliorer des processus existants. En particulier en jouant le rôle de « tiers de confiance » d’un nouveau genre, capable de réinjecter de la transparence dans les échanges.

Pressenti comme le « Grand Disrupteur » des années 2010, la révolution blockchain aura finalement mis quelques années à s’affirmer. A l’ère du virtuel et du tout digital, elle s’illustre en technologie de confiance pour répondre au besoin toujours croissant de transparence sur l’ensemble d’un écosystème.

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